25.04.2010
Introduction au jour dit
Regardons, puisque nous y sommes !
Figure-toi ! figure-toi !
Plus rien des choses que tu nommes !
Un autre monde ! une autre loi !
La terre a fui dans l'étendue ;
Derrière nous elle est perdue !
Victor Hugo, Magnitudo Parvi (1839) ; v. 100 à 105.
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12.04.2010
ultime atome
Accroché à la joue encore humide
un baiser qu'évapore un vent placide
Rougeur à l'œil
en bas de soi
vague regard
ombré de cils
ignorant un ciel imbécile
reliquat d'antiques pavois
Incontinent
nimbée de strass
une île efface
toute trace
îlotière d'un océan
lavant ses pieds de sable blanc
elle demeure
inutile au revoir, lueur
tiniak ©2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
12:19 Publié dans polemza'µ | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, acrostiche, ite missa est, être une femme libérée
25.03.2010
Ce petit pot de miel au bout du monde
(mon trésor)
Sous la masse du ciel poisseux
où je ne gâche pas mes yeux
une terre en friche
j'y fiche mon pieu
en découpe les couvertures
toute une équipée de voilures
bientôt sous le vent
par tribord amures
bombe le torse et me force l'allure
Oui, je sais... je pars (encore !)
en quête de mon trésor
Un océan de lin m'adresse
un soyeux drapé de caresses
mon petit canot
s'y frotte les fesses
tandis que ma paume experte
en éprouve l'onde offerte
mon regard en brasse
la surface verte
où trace n'est qui ne courre à sa perte
Je ne suis qu'un météore
en quête de son trésor
Mer ! Mer !
Voici ton doux visage
que borde le rivage
de terres que je voudrais oublier
Mer ! Mer !
En dire davantage
c'est remettre à l'ouvrage
le forgeron de ton coffre à secret
Sur la vague caribéenne
l'esprit à vif et l'âme pleine
quittant l'océan
ses peurs et sa peine
mon voyage arrive à son terme
déjà s'étend la terre ferme
où gît mon trésor
dont l'or est en germe
et le miel appelle mon épiderme
Terre ! Terre !
Voici ton long rivage
que borde le visage
aux lèvres que je reviens aboucher
Terre ! Terre !
En taire l’alliage
c’est garder le breuvage
au doux giron de ton coffre à secret
(ce petit pot de miel au bout du monde)
Je demeure promeneur
au milieu d’un champ de fleurs.

tiniak ©2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
01:21 Publié dans bel aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, chansonge, miel, trésor
01.03.2010
L'Homme qui va, sans ombre
Il marche pesamment, sans ombre sous le ciel
pour guides son regard, un rêve, une chanson;
nulle trace après lui - l'oubli sur ses talons
absorbe son passage ainsi que l'eau le sel
Sans histoire connue, serait-il une feinte ?
Ni homme ni fantôme, il existe à peu près
moins que le romanesque et plus que le reflet;
d'où vient qu'il puisse alors entonner une plainte ?
C'est qu'il est tout en un, présent, passé, futur;
l'hier est l'aujourd'hui qu'il porte vers demain
et cette mélodie dont vibre son chant plein
s'invente à chaque pas une ample tessiture
L'oubli qui le talonne est le risque encouru
par qui pourrait nourrir quelque espoir de retour
quand le sens de la vie et celui de l'amour
inspirent à l'instant sa quête d'absolu
Le plus petit atome est lourd de ce destin
- tout le poids du vivant en est la charge utile,
la même gravité s'en évade, gracile
au rythme balancé qui anime sa main
Le promeneur, alors, est le dépositaire
au nom de ce qui fut et ce qui se fera
du bagage mouvant que chacun de ses pas
transporte, en célébrant la beauté éphémère
Il avance toujours; un rêve devant lui
l'exonère d'une ombre au profit de son chant,
le regard où le ciel agrège l'océan,
la musique du nombre élevant l'aujourd'hui.
tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
illustration : Joëlle Gellert
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29.01.2010
questions. sang. réponse.
Que sais-je des histoires
lues tard, au soir venu
glissées sous le duvet de l'oreille
pour dire comme on naît, pareils
également issus
d'obscurs desseins qui s'émerveillent ?
Ce que je perçois du réel
qu'y entendre ? qu'y voir ?
quoi toucher du doigt dans le noir ?
et quelle est cette odeur
qui me tire la sueur
à me dégoûter du bonheur ?
Suis-je fou d'écouter le vent
me rapporter de l'océan
la cantilène de l'ondine
et que l'ondine me destine
quoique je ne sache parler
le langage cru des marées ?
Je lis bien mieux les yeux fermés
de tes yeux grand ouverts
le livre de lumière
que je pourrais, ma vie entière
passer à déchiffrer;
serait-ce vanité ?
Ma main qui fouille tes entrailles
ne fera pas d'autre trouvaille
que d'apprendre à mourir;
est-ce là rançon du plaisir
ou simple abandon du désir ?
et pour quelle raison ?
Sentirai-je monter l'haleine
où s'engouffre un cri de la plaine ?
un cri de haine, un cri de fin;
il empeste tout le purin
qui régurgite des massacres
le magma de matière alacre
Ai-je assez mangé de ta viande
amour, amour, ma chair offrande ?
En velouté de cresson-crème
en papillotes de poLèmes...
est-il bien question que je t'aime
puisque je te dévore et en corps et encore ?
Ah ça, mais... j'en saigne,
c'est insigne !
Digne dingue donc
je résonne, je résonne
Digne dingue donc
je raisonne à ma façon
tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
12:09 Publié dans bel aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, manifeste, polétique, 100, questions, réponse, sang


